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18 Mar

Le chant du merle

Publié par Patrick  - Catégories :  #L'avis du ciné

Synopsis : 
Aurélie est serveuse dans un hôtel restaurant en Corrèze. Elle partage son temps entre son travail, le club d’ornithologie, le vieux monsieur dont elle s’occupe et sa mère avec qui elle vit.
Discrète, fragile, elle attend que quelque chose arrive dans sa vie.
Un jour, François, un représentant de commerce charmeur et mystérieux s’intéresse à elle.

Certains films sont portés par leurs interprètes, c'est le cas de ce long-métrage où l'actrice Adélaïde Leroux est l'atout maître de cette histoire. Elle est presque de tous les plans sans jamais surcharger l'oeuvre. Au contraire, plus on découvre son personnage, plus on a envie d'en apprendre sur elle. L'actrice joue avec une sensibilité, une fraicheur, une vérité bluffante. Elle est à la fois lumineuse tout en gardant la retenue necessaire pour son rôle. Ce genre de film où l'on suit un protagoniste durant toute l'histoire nécessite un acteur ou une actrice talenteux (se). Adélaïde Leroux est alors le choix idéal. Nicolas Abraham qui joue son petit ami, François, est un habitué du réalisateur. Il sait parfaitement rester dans ce cadre de la sobriété et de la retenue tout en insufflant à son personnage le mystère necessaire à ce film dramatique. Le reste de la distribution professionnelle est complétée par la toujours excellente Myriam Boyer. L'histoire se déploie aussi délicatement qu'un papillon, donnant au film une certaine quiétude mais il n'est jamais long. Il prend le temps de s'interesser à ce personnage féminin auquel on peut facilement s'identifier, et que l'on peut facilement comprendre et ressentir. L'idée de tourner dans ce village paisible, avec des acteurs amateurs comme Pierre Bouysset qui joue le père du maitre d'hôtel, est un plus pour l'authenticité du sujet. Ce film est un très beau drame romantique avec des décors naturels qui donnent envie de s'y arrêter. Un soin extrême est apporté au son. C'est une oeuvre qui prend le temps d'écouter les bruits de la nature. Du coup cette histoire glisse telle une caresse. S'il n'y a pas de grand coup de théâtre, ça ne l'empêche pas de passionner tout du long. 
La musique, il n'y en a pas si l'on excepte les quelques chansons entendues ici ou là ou bien le  beau morceau final de Dmitri Chostakovitch. Le réalisateur le justifie très bien :

On a su très vite que l’on ne ferait pas composer de
bande originale pour le film. Ça oriente tellement la vision
d’une séquence, la musique... et nous voulions mon-
trer des choses tellement ténues qu’il était plus juste je
crois de laisser le soin au spectateur de comprendre et
d’apprécier ce qu’il voyait, sans être guidé.

Propos du réalisateur

J'avoue que j'ai eu une réticence par rapport à cette absence car, à mon sens, la musique, lorsqu'elle est bien dosée, bien placée, apporte un plus parfois inestimable. Je pense que nombre de compositeurs de qualité auraient pu écrire pour ce long-métrage. Malgré tout, le film, qui aurait pu sembler alourdi par cette "nudité sonore", résonne d'émotions, ce qui prouve la qualité de la réalisation et du jeu d'acteur . Grâce à tous ces ingrédients positifs j'ai pu passer un très bon moment de cinéma, certes sans score, mais avec une histoire passionnante et son traitement qui m'a véritablement emballé. Je ne saurais donc que vous conseiller la vision de cette oeuvre pleine de justesse et de sensibilité.

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