Dans ce film, le personnage campé par  Michel Duchaussoy (Toujours parfait) cite une phrase du philosophe Friedrich Wilhelm Nietzsche "Deviens ce que tu es". Cette phrase a un sens particulier dans ce scénario qui traite intelligemment du devenir de son héroïne, Marguerite, pardon, Margaret, incarnée par Sophie Marceau. L'actrice est encore une fois, sincère et  touchante. Elle nous embarque sans difficulté dans cette histoire originale d'une enfant qui s'est envoyé, à l'âge de 7 ans (L'âge de raison), des lettres à la femme qu'elle sera devenue à l'âge de 40 ans. Sauf qu'à 40 ans, comme beaucoup d'adultes, la personne qu'elle est  devenue ne correspond pas à ce qu'elle imaginait, parce qu'elle a voulu oublier un passé douleureux pour mieux avancer. Sophie Marceau est à l'aise dans tous les rôles qu'ils soient drôles, dramatiques, ou plus noirs. Dans ce film de Yann Samuell, elle est belle et émouvante sans jamais en rajouter. Ce rôle est pour moi l'un de ses plus beaux car elle sait parfaitement maîtriser la frontière entre émotion et sensiblerie, en effet, tout en retenue, elle fait preuve naturellement de beaucoup  sensibilité avec un ton qui sonne juste,  une lettre lue avec le regard de la jeune fille qu'elle était... Ce film sait nous parler car il est destiné à tous ceux qui ont imaginé un avenir à l'âge de raison et qui s'en sont éloignés (ou pas). Il nous parle aussi parce qu'il est vrai, parce qu'il sait faire venir l'émotion sans ajout d'effets ni surenchère et grâce à un bon casting complété par les hommes de sa vie, Jonathan Zaccaï, (son amour d'enfance) et Marton Csokas (Son amour d'aujourd'hui). Tout bon film a sa (bonne) musique et celle-ci est signée Cyrille Aufort (La glace et ciel). Le compositeur a  écrit une musique avec beaucoup de beaux morceaux au piano avec parfois de légères envolées qui ajoutent à l'émotion et qui finissent de nous attendrir sur ce long-métrage. Il a créé une bande originale délicate (Que je pourrais comparer au style d'un Thomas Newman) et a su aussi y mettre beaucoup d'entrain dans d'autres titres, livrant un score avec des rythmes variés où l'émotion l'emporte très largement. Réécouter la bande sonore permet de prolonger le plaisir d'un film qui ne pourra laisser insensible, et qui donnera envie de se demander... peut-être.. ce que nous désirions lorsque nous avions l'âge de raison. Dans cette B.O., vous trouverez aussi une très bonne interprétation du "Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur k622" de Wolgang Amadeus Mozart  (Immortalisé dans "Out of Africa" dont la musique était signée John Barry) et une chanson très agréable, telle une belle balade, de Julie Mitchell. 

Film : L'âge de raison

Année : 2010

Compositeur : Cyrille Aufort.

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