Carice Van Houten, actrice Hollandaise de tout juste 30 ans, porte le film sur ses épaules comme Sharon Stone avec Basic Instinct ou Elisabeth Berkley dans Showgirls. Savoir interpréter un rôle est une chose, mais là, elle va très loin dans l’imprégnation de son double personnage. Elle subit une telle série d’épreuves – tant physique que psychologique - imposé par la dureté d’un tournage viril que le premier mot qui vient à l’esprit à l’issue de cette vision est tout simplement : bravo. Le retour à ses origines a bien profité à Paul Verhoeven qui nous a gratifié d’un film fort, non aseptisé par le système Hollywoodien et qui a su éviter tout patriotisme exacerbé. La violence est partout, dans tous les camps, comme nous le montre cette dernière partie du long métrage. Il aurait été aisé de se laisser aller à relater un énième épisode de la seconde guerre mondiale mais là où Verhoeven séduit c’est par son traitement qui n’épargne personne. Plus qu’un film de guerre classique c’est un drame auquel on assiste. Un drame humain qui montre des scènes chocs filmées avec soins et qui ne laissent jamais la place à une violence gratuite. Il n’y a pas que des héros, il y aussi des combattants – ou combattantes - prêts à tout pour sauver leurs vies ou des vies allant jusqu’à la trahison, le don de soi, ou désirant tout simplement se racheter. Pas de vainqueurs car tout le monde perd si ce n’est pas la vie, c’est parfois bien pire que ça. Et au milieu de toute cette barbarie, ce visage angélique aux fausses blondeurs nous prouve que seul le courage fait la différence. Mais un film ne peut se réduire au talent d’une seule personne, dans ce cas, les seconds rôles importent beaucoup. Que ce soit Sebastian Koch, Derek De lint, Halina Reijn ou encore Thom Hoffman, ils concourent tous à faire de ce film une œuvre marquante et impressionnante que l’on ne peut oublier.

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