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Ecoutez, découvrez...

Flashback

Le titre en partage

Hommage à Jean Rochefort

Publié par Patrick

Récemment, j'ai découvert la bande originale du film "L'enterrement de Diego De La Vega", que j'ai beaucoup apprécié pour son mélange d'originalité, de douceur et d'émotion. Ce score, dont le film n'a pas encore de date de sortie officielle, a été composé par Nicolas Drey,  auteur de la chanson "Hero" que vous pourrez découvrir plus bas. 

J'ai pu rencontrer le compositeur qui a aimablement pris le temps de répondre à mes questions sur sa carrière, sa collaboration avec le réalisateur Rémi Mouret et la bande originale sortie le 12 Avril. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Tu es compositeur, mixeur, ingénieur du son et producteur . Quelle est ton activité prédominante ?

Nicolas Drey : C'est plutôt ingénieur du son, du moins mixeur, je fais pas mal de mix pour d'autres. A la base, j'ai appri le mixage en autodidacte. J'ai commencé à jouer du piano vers 6 ans, ensuite mes parents m'ont mis à l'Harmonie pour apprendre le saxophone et le solfège mais le problème est que l'on m'a appris le saxo de manière classique alors que c'est un instrument plutôt récent, alors ça ne m'a pas plu. J'ai donc arrêté puis je me suis mis à la guitare vers les 17 ans et ça a été une révélation. J'ai fait ensuite une école, la M.A.I (Musical Academy International) à Nancy. Lorsque je suis rentré, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit "Tiens ça serait bien que tu te fasse un petit album, je vois que tu te débrouilles bien", il m'a laissé du matériel à disposition. C'est là où j'ai découvert la M.A.O et à partir de ce moment là, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je me mette dans la musique assistée par ordinateur et le mixage. C'est arrivé sur le tard, vers les 23, 24 ans où j'ai commencé vraiment à faire du mixage. Depuis, j'ai 37ans, j'ai acquis pas mal de connaissances là-dedans. Ma dernière expérience professionnelle, c'était chef produit pour un site de magasin de ventes en ligne. J'ai aussi, de ce côté là, pu gérer pas mal le matériel et faire des rencontres : à partir de là, on m'a demandé de commencer à mixer des choses. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Oui, justement, j'ai vu les vidéos de présentation pour le magasin, je crois ...

N.D : Je ne travaillais pas pour ce magasin là , c'est Bax-shop. Le siège est aux Pays-Bas mais ils ont plusieurs antennes dans chaque pays européen. Effectivement, j'avais fait un test sur une vidéo de présentation de produit et puis après, j'en ai fait une dizaine pour eux et je vais peut-être en refaire d'autres sans tarder. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Avant ce film, tu avais fait la chanson "hero", clip décalé et très drôle sur les héros. Peux-tu nous en parler ?

N.D : A la base, c'était un concours que j'avais trouvé sur Indabamusic. J'ai travaillé le titre un peu electro de manière décalée et en même temps, dans ma région, il y avait un personnage qui se déguisait réellement en super héros, sur Roannes, qui s'appelait Super Skunk J'ai developpé ça par rapport à lui. Je lui ai demandé s'il voulait participer au clip et puis ça s'est fait comme ça. C'est une ambiance assez décalée, ça ne faisait pas partie d'un album ou autre, c'était vraiment un one shot. Du coup, France 3 a fait un reportage là-dessus. Lui s'est servi de ce personnage pour contacter des gens et créer un lien, il est graphiste. Après ça, ça a dû lui apporter un petit peu de travail. On est même passé dans le zapping de Canal + tellement c'était décalé. C'est vrai que c'était rigolo de partir d'un petit délire là-dessus et ensuite ça a pris des proportions. Dans le même esprit - J'ai un esprit assez décalé, même si on ne s'en rend pas bien compte dans la B.O qui est plutôt classique - J'avais fait aussi un concours assez rigolo pour l'émission "Tracks", c'était pour la journée du travail où ils avaient fait un appel à candidature. Il fallait faire une présentation décalée comme si on cherchait du travail. Donc je me suis mis dans la peau d'un cuisinier pour présenter mes activités audio (mixage audio) d'une manière décalée. J'ai été aussi sélectionné la-dedans. J'aime bien faire des choses qui sortent un peu de l'ordinaire. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Oui, c'est ce que j'ai vu, il y a une grande palette d'emplois qui permet, je pense, par rapport au film, d'occuper pas mal de postes.

N.D : Justement sur ce film là, j'ai fait la B.O. et j'ai aussi fait tout le mixage du film. Donc j'ai eu tous les rushs, les dialogues, les bruitages, les ambiances etc. Je crois que j'ai mis deux mois à faire le mixage du film. C'est la première fois que je faisais le mixage d'un long-métrage, j'avais déjà fait des court-métrages, ça va nettement plus vite et souvent il y a moins de moyens, il y a moins de choses en termes de son. Et là c'était vraiment lourd et compliqué mais du coup j'ai pu aussi développer mes compétences la-dedans. C'était d'autant plus dur que 95% du film est tourné en extérieur, entre Paris et la Normandie, et forcément à l'extérieur il y a du bruit. (Rires) Ca a été tourné en 15 jours, trois semaines, donc il y a des plans où il  a été assez vite (Le réalisateur, NDLR) et j'ai fait beaucoup de rattrapages sur le bruit, donc ça m'a pris énormément de temps la-dessus. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

J'ai vu aussi les deux vidéos sur le mixage, une où je crois que tu es avec Rémi Mouret (Le réalisateur, NDLR) et l'autre où tu es tout seul.

N.D : Avant que je commence le mixage, il est venu me voir et on a fait 48h de préparation de mixage où on a décortiqué chaque scène, ce que je ressentais et ce que lui voyait sur le film. J'ai de bonnes écoutes pro, donc il a entendu des choses qu'il n'entendait pas chez lui. Par exemple, dans la petite video, j'explique qu'il y a une scène avec une actrice dans le coffre et je voulais centrer le son sur la vidéo, mais avec l'ensemble des pistes d'un mixage je n'ai pas pu faire exactement le rendu que je voulais. Il y a des petites choses comme cela. Il y avait l'ingé-son, qui est très bon, et qui a fait la prise de son du film. A un moment, il y avait une scène avec une route sur la droite, le problème était qu'il n'avait pas positionné ses micros parce qu'il ne savait pas le plan qu'allait faire le réalisateur, donc il y a des plans gauche - droite que j'ai du rattrapper virtuellement,  qui n'existent pas en fait. C'était un peu compliqué, comme il y avait des objets lancés il fallait créer un déplacement, c'est le genre de petits détails dont on a parlé pour savoir si on l'intégrait au film.

Rencontre avec : Nicolas Drey

"L'enterrement de Diego de la Vega" est ta première musique pour un long métrage, mais pas pour Rémi Mouret, on sait que cela fait un bout de temps que tu travailles avec lui. Alors, comment s'est formée cette collaboration longue de 12 ans je crois?

N.D : Eh bien, j'ai répondu à une petite annonce au début, je ne sais plus s'il cherchait un compositeur, ou quelqu'un pour écrire. On s'est bien entendu tout de suite et on a commencé à trois, Rémi, qui toujours été dans la réalisation et l'écriture, moi dans le son et d'autres choses, et une jeune fille qui s'appelle Lili Charles, qui n'est plus du tout dans le cinéma mais qui était actrice et qui faisait de l'écriture aussi. Donc nous étions un trio, et on a commencé avec des comédies, des concepts courts. Par exemple, au début chez D8, il y avait une émission qui s'appelait "Court mais bon", on est passé pour une interview au sujet d'un film qui s'appelait "One Again", qui était assez décalé, tourné en mini DV. C'était un entretien d'embauche que passait Lili et moi j'étais acteur à ce moment-là,  dans un rôle d'agent de ménage et elle croyait qu'elle passait un entretien d'embauche avec quelqu'un qui écoutait de la musique et lui répondait que "One again". On a fait des trucs un peu délirants, genre des fausses bandes annonces, et puis dernièrement Rémi a fait aussi un concept court avec "La Ligue du jour". Le but était de créer un groupe, ça pouvait être la ligue des gens qui savent pas quoi faire le dimanche, des sujets qui n'ont pas de sens particulier; Il a recruté des comédiens, c'était il y a 2 ans, ils ont travaillé plusieurs pilotes, moi j'ai fait la musique pour chaque pilote et le générique aussi. Malheureusement ça s'est arrêté aux pilotes, les prod n'ont pas suivi. C'est dommage, pour l'instant il a arrêté de développer le concept, mais l'un des acteurs, a l'un des rôle principaux dans Diego de la Véga (Bruno). Donc concept court, là il est sur l'écriture d'un nouveau projet. C'est quelqu'un qui est toujours dans la création, depuis que je le  connais, il ne cesse d'écrire des concepts ou des choses, on a réalisé pas mal de choses, on est même passé au festival Groland avec une comédie, c'était vraiment décalé. "L'enterrement de Diego de la Vega" est dans cet esprit belle épine, un peu à part dans le cinéma.

Rencontre avec : Nicolas Drey

Déjà on le voit dans la bande annonce qui n'est pas une bande annonce classique en fait.

N.D : On en a discuté. C'est assez compliqué d'expliquer le film, du coup, on faisait souvent référence au film "Les valseuses" (De Bertrand Blier, NDLR) , alors que c'est  pas vraiment la même histoire. Mais il y a quand même des points communs. On a regardé la bande annonce  et c'est Claude Piéplu qui parle. Et c'est une animation. Donc en fait, ce film a cartonné, personne ne connait la bande annonce et elle est complètement décalée. C'est un peu le principe : c'est difficile à résumer avec un teaser classique, avec des scènes fortes du film, là le choix c'était de prendre de beaux plans en extérieur qui correspondent à des moments du film, avec 2,  3 petits rajouts, et de mettre des bouts de phrases, qui, si l'on écoute bien, vont raconter le film. J'aime ce côté créatif, faire des choses un peu différentes, du coup ça reste particulier et ça ne parle pas à tout le monde. On comprend quand on a vu le film, il y a un fil conducteur. 

Les valseuses - La bande annonce

Rencontre avec : Nicolas Drey

Est-ce que le projet du film a été pensé ensemble?

N.D : Non, c'est quelque chose qu'il a écrit lui. Il m'a expliqué des choses pendant qu'il le faisait, mais il m'a proposé tardivement de faire la musique. On a arrêté notre collaboration sous forme de collectif qui s'appelait la "Compagnie Qu'est ce Qu'on"  (CQQ), on était trois à ecrire, à tourner plein de petits trucs, après je suis revenu en région Lyonnaise,et il est allé sur Paris. C'était plus difficile de tourner des choses, du coup on s'est plus spécialisé chacun dans notre domaine, lui, la réalisation, moi la musique et le mixage. Ce long métrage c'est pour nous l'apothéose, on a réussi, surtout lui d'ailleurs, à mener un gros projet, avec peu de moyens. Quand tu mixes, tu fais des choix importants pour le film. Il m'a laissé beaucoup de pistes que je n'ai pas forcément gardées, et ça se joue dans l'ambiance. Par exemple, c'est un film qui est tourné exclusivement en extérieur, il y a beaucoup beucoup de sons d'ambiance, et Rémi voulait vraiment cet aspect vent, nature, etc...et moi je trouvais que cela empiétait trop. Il a donc fallu faire des choix, c'est le mixage qui va te diriger sur le ressenti du spectateur par rapport au film, c'est là où j'ai pris un peu plus part au film. Avec la distance, on faisait des conférences skype, par lesquelles je lui envoyais des extraits de ce que j'avais déjà travaillé en mix, pour que lui puisse coller ça à sa video pour voir si ça correspondait. Quand j'ai mixé, j'ai peut être trop débruité, trop de post-prod. Effectivement on n'entendait plus de bruit de vent, juste les acteurs. Au niveau des films américains, Si tu regardes "Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours",  par exemple,  tu entends les dialogues, c'est pas possible en extérieur qu'on entende comme ça. C'est vraiment retravaillé à mort. Pour me préparer, j'ai regardé pas mal de films. J'ai vraiment fait une écoute au casque, avec les enceintes, pour comparer plusieurs films et voir comment c'était mixé. Pour faire ça au mieux, avec les moyens qu'on avait. Et je suis équipé en stéréo, je ne suis pas équipé en 5.1 ce sera donc un film en stéreo. Ce n'est pas un film d'action donc pas d'hélico qui part dans tous les sens (rires). 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Rémi a envoyé des morceaux pré-existants par rapport à ce qu'il voulait...

N.D : Oui, pour travailler son montage, il m'a envoyé des séquences avec ses morceaux, ensuite on a discuté de l'ambiance, généralement je trouve des thèmes au piano ou à la guitare. Là,  naturellement,  c'était plus à la guitare car au piano ça faisait trop dramatique, ça n'allait pas. J'enregistre au dictaphone un petit truc, et j'arrange rapidement, puis je lui envoie pour savoir si ce type de thème peut lui correspondre. Ensuite j'ai mis de temps en temps des choeurs, et je me suis rendu compte que cela empiètait sur le dialogue. Donc où il y a des choeurs, il n'y a pas dialogue ou alors on est en contemplation sur la scène et il n'y a pas de chants du coup. Pour les musiques, finalement, ça s'est plus tourné vers la country Western que le Cubain, qui collait moins aux images. A part à la fin, le thème de "Désillusion", plus hispanisant car il donne plus d'émotion, ça allait bien avec la scène ou le groupe éclate et ils se retrouvent comme au début du film, seuls dans leur vie.

Rencontre avec : Nicolas Drey

Est ce plus facile avec des musiques pré-existantes, ou alors c'est mieux de démarrer de zéro?

N.D : C'est mieux de démarrer de zéro car tu as déjà une interpretation de la scène avec la musique, j'écoutais, je coupais le son, j'essayais des trucs, en revanche au niveau du rythme, ça aidait. Ce qui est dur sur une musique de film, c'est d'imaginer un tempo, là le tempo ne varie pas sur les musiques. L'important est de se dire là, il faut que ça aille à cette vitesse, et il faut que je trouve un thème. Moi je commence comme ça, première chose, je cherche un tempo, un rythme. Une fois que je l'ai, je mets le thème. Quelquefois je commence par la rythmique. Je vais souvent le chanter au début, pour trouver un truc qui correspond bien. Pour moi, le morceau le plus dur a été "Amitié et gorge sèche" car c'est un dialogue de 5 min où la musique ne devait pas prendre trop d'importance. Cela devait être un fond sonore, ils sont sur un muret, je ne devais pas trop en dire mais ça devait être cohérent pendant 5min, là c'était pas évident. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Il y avait plusieurs rythmes au niveau de la musique, en plus, à l'intérieur du morceau il y a plusieurs passages.

N.D : J'ai mis plusieurs, thèmes, il y en a trois pour faire des changements, car je n'aime pas les choses linéaires. il fallait qu'il se passe des choses mais il ne fallait pas qu'il s'en passe trop. C'est une scène où il y a beaucoup de bruit, il y a une route qui passe et le perchiste a été obligé de se mettre loin car c'est un plan large, et du coup avec le micro, ils ont capté aussi pas mal de route. Il fallait faire un mélange entre ambiance HF et Musique, et du coup, au final, la musique devait être plus forte pour pallier à ce bruit, et s'est retrouvée plus bas pour mettre en avant les dialogues. Ce n'était pas évident car je ne voulais pas commencer le mixage tant que je n'avais pas fini la musique, parce que je pensais que ça allait poser des problèmes dans le travail du mixage, que ça allait interférer donc c'est compliqué à faire quand tu fais les deux. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Peux tu nous parler du thème, que j'ai le plus apprécié dans l'album, "Toi mon héros" ?

N.D : Il y a une scène dans le film où le personnage féminin a un problème avec son mari. les deux amis vont aller la sauver. c'est à ce moment qu'il y a la musique. C'est un thème simple, qui se retient bien, j'étais content de l'avoir trouvé. J'aime bien les choses qu'on peut chanter. C'est pour cela que lorsque je compose des thèmes, je les chante, et c'est pour ça aussi que j'en ai fait une version bonus qui n'est pas dans le film, C'est parce que ce thème me parlait, c'est celui qui me parlait le plus dans l'album. J'ai donc décidé de l'arranger pour en faire une musique plus traditionnelle, plus classique avec des violons, mais toujours en mettant une dose d'originalité. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

La dernière version est une très belle surprise car en plus d'avoir un très bel album, on termine en apothéose par un très beau morceau beaucoup plus ample que la première version.

N.D : Le seul truc que j'ai gardé ce sont les voix. Je trouvais que cela faisait le lien entre le premier morceau et la version orchestrale. J'ai repris une intro un peu plus dynamique, après ça retombe sur quelque chose de plus calme. Je voulais faire un teaser, arrangé de ce titre là pour le lancement de l'album. C'etait en prévision mais j'ai d'autres choses en projet. Ce thème me plaît bien. Rémi avait fait un court métrage dont j'avais fait la musique, j'avais fait un album d'une vingtaine de minutes.  A l'époque, je n'avais pas le matériel adapté, il y avait des thèmes forts qui chantaient un peu, deux trois thèmes issus de cet album que j'aimerais bien refaire aujourd'hui. J'étais plus inluencé par Y.Tiersen à l'époque, mais que j'aimerais refaire un peu dans l'esprit de "Toi mon héros". Un peu mélancolique. Il y a souvent dans les trucs péchus que je fais, une pointe de mélancolie. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

Justement au niveau des courts métrages, il y a dû y avoir pas mal de musiques. J'ai écouté la musique de "Filmographie d'une meurtrière", qui est excellente. As tu prévu de faire un disque avec tous les thèmes que tu as mis dans les courts métrages ?

N.D : Non ce n'est pas prévu. pas tout de suite en tout cas. Comme dit précédemment, aujourd'hui j'ai le materiel adapté, c'est vrai que j'ai plein de musiques mais je n'ai pas envie de les presenter en l'état. Elles ne correspondent plus à mon exigence d'aujourd'hui. Aujourd'hui, tu peux enregistrer un son de qualité avec une carte son à 150 euros, un micro à une centaine d'euros, et puis après si tu as un peu d'imagination tu peux faire des trucs bien. Moi quand j'ai fait tout ça, je n'avais pas ce matériel ou je ne maitrisais pas forcément ça, et du coup non pas que je ne suis pas satisfait de la musique, mais je ne suis pas content du résultat audio. C'est pour ça que je ne préfère pas et là je suis plus dedans. Quand j'ai commencé le film de Rémi j'étais en train de faire un album perso, je suis plus en train de me remettre là dedans, de le finir, ça prend du temps, ce sera encore un univers différent avec de l'électro, je suis fan de musique progressive aussi, et j'aimerais mélanger ça,  de l'electro,  du rock et peut être du jazz. Ce que j'aime dans la musique de film, c'est que c'est ouvert, tu peux faire plein de trucs (guitare, jazz...) car il faut coller à l'image. Dans "Filmographie d'une meurtrière", le rythme,  je l'ai fait avec un couteau en fait, car on la voit avec un couteau, j'aime bien prendre des bruits qui ne sont pas destinés à la musique et les incorporer dans un rythme ou rajouter à la musique des sons que je vais enregistrer. On ne s'en rend pas forcément compte mais il y a des sons dans "filmographie d'une meurtrière"  qui apporte un côté bizarre. J'ai fait un concours aussi, avec une musique qui s'appelle "La routine", concours organisé par Maaav, c'est un "master" pour la compétition musicale qui est à Lyon. Quand je travaillais, on a passé un partenariat, c'est là que j'ai appris qu'il y a avait ce fameux concours. On avait une vidéo avec un dessin animé, il y a pas mal d'école d'animation à Lyon. Ce dessin animé s'appelait "La routine", c'était un petit chariot de train qui naviguait dans plusieurs séquences, j'ai développé plusieurs thèmes sur une musique qui dure 5 minutes et j'ai utilisé une dictée magique qui épelle routine (nous fait écouter la musique). Le concours ne voulait pas qu'on utilise la video en collant une autre musique dessus. J'avais contacté la boîte de prod et ils n'avaient pas demandé les autorisations, c'est pour ça qu'ils ne voulaient pas. Il s'agit encore d'une autre ambiance. 

Rencontre avec : Nicolas Drey

J'ai beaucoup aimé "Le justicier masqué", c'est une ambiance western que j'aime beaucoup. quelles ont été tes références pour ce morceau?

N.D : J'ai regardé "Le bon,  la brute et le truand", j'ai essayé de mettre des sifflements,  Rémi n'a pas aimé, ca faisait vraiment trop référence, le clin d'oeil était trop gros. J'ai plutôt utilisé le fameux Bottleneck. J'ai pas de steel guitare, cet instrument est une guitare à plat, il y a des pédales qui permettent de fair durer la note, c'est électrique, il se joue avec des onglets et tonebar, et les guitares sont accordées de manière spéciale en open tuning si on gratte toutes les cordes d'un coup ça fait un accord. Du coup c'est très harmonieux. Comme je n'avais pas de pédale steel guitare ni de guitare pour faire exactement le même son (que le western), ca permet de ressortir un peu de manière différente. La référence c'était bien sur Ennio Morricone.

Rencontre avec : Nicolas Drey

Il y a plusieurs tempos dans ce morceau, c'est ce qui le fait vivre.

N.D : La différence avec les autres c'est qu'on a hésité. La scène est coupée, il y a plusieurs plans, il fallait faire 3 ou 4 parties, les couper...finalement je me suis dit que c'était plus cohérent d'avoir une seule musique pour toute la scène, dans laquelle il y a des échanges de regards, il se prend pour un héros mais en face il y a plus fort que lui, l'ambiance western collait bien à la scène.

Rencontre avec : Nicolas Drey

Dans les projets à venir tu as ton album personnel, Rémi a un film, est ce qu'on aura le plaisir de vous retrouver tous les 2 sur ce long métrage, et pour quand serait-ce prévu?

N.D : Ca dépend de lui. Pour l'instant, on continue notre collaboration, on s'entend bien. Je le laisser gérer. Celui-ci "L'enterrement de Diego De La Vega" a été envoyé à de nombreux festivals, ça s'étale sur un an. Pour le moment,  il n'y a pas eu de projection pour les comédiens, donc c'est vraiment confidentiel, le film sera peut être visible soit après l'été, soit début de l'année prochaine. Sur l'autre projet, il est dans l'écriture, un film tous les 2 ans. Celui ci a été totalement auto produit. Pour passer l'étape supérieure, ce serait bien de trouver une production, pour avoir des moyens financiers, tout ce que ça implique, des caméras, des moyens de lumière etc. pour le son pareil, faire un mixage en 5.1 si besoin...Si j'ai à m'occuper de la partie sonore, j'aimerais avoir cette production pour aller au-delà. Deux ans, le temps que ça se passe et de caster les comédiens, finir le scénario, trouver les lieux...J'en dis pas plus. Il est aussi en train de réaliser un documentaire, le tournage est fini il est en montage, là je ne m'occupe pas du mixage, ca ne le nécessite pas. Je lui ai donné un titre sans le chant (qui sera sur mon prochain album) car ça colle bien aux images, mais là je n'ai pas composé spécialement. Il m'a montré rapidement une scène, je lui ai proposé 2, 3 trucs. C'est un document sur le milieu artistique, acteurs, ca ne nécessite pas une musique dédiée.

Rencontre avec : Nicolas Drey

La bo est sortie le 12 avril, as-tu déjà eu des retours dessus?

N.D : Non, j'ai contacté plein de critiques de blog, radio, La musique de film est le premier à avoir répondu; j'ai des critiques positives. J'aimerais avoir des critiques plus complètes pour savoir ce qui a plu, pas plu. J'aimerais vraiment avoir un retour. Le fait d'avoir travaillé un long métrage t'ouvre plus de portes. Je peux expliquer ce que j'ai fait. C'est une bonne étape, ça change du court métrage, qui permet de progresser et apporte beaucoup, mais passer à l'étape suivante, ca permet d'exprimer plus de choses, tu as 1h30 et non plus 5min pour développer des choses .

Rencontre avec : Nicolas Drey

Justement la B.O. fait 24 min, il y a des morceaux qui ont été rejetés?

N.D : Oui, il y a eu deux ou trois morceaux. Je voulais accompagner la fin de manière plus légère, j'ai insisté auprès de Rémi mais il n'a pas voulu. On a coupé des morceaux car le but c'est que cela serve le film, même si on raccourcit les morceaux. Sur le travail en amont, des choses ont été rejetées il y avait des choses plus rock (scènes de bagarre), mais c'était trop décalé par rapport à l'ambiance générale du film, trop sérieux.

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