Synopsis : À l’aube du XIIIe siècle en Italie, la vie simple et fraternelle de François d’Assise auprès des plus démunis fascine et dérange la puissante Église. Entouré de ses frères, porté par une foi intense, il lutte pour faire reconnaître sa vision d’un monde de paix et d’égalité.

Il est assez difficile d'écrire la musique d'un film dont le sujet et l'essence sont religieux. Autant le silence, les chants grégoriens, une musique classique de haute tenue me semble naturellement légitime aux abords de Dieu, autant une musique de film peut gâcher ou banaliser le propos si elle ne prend pas elle même une certaine hauteur

Propos du compositeur

C'est par ces mots,  de Grégoire Hetzel, que s'ouvre le livret inséré dans l'album. N'ayant pas encore vu le film, je ne pourrais répondre à cette phrase du compositeur mais lorsque j'ai écouté le titre Le nouveau-né, à l'occasion de sa  sortie au ciné à la fin du mois de Décembre, j'ai été emballé d'emblée. Le morceau est si délicat, avec les flûtes qui élèvent si haut la musique qu'il est presque difficile de la décrire par des mots (simples), tant elle se hisse à un niveau de beauté, d'émotion, de pureté qu'aucun terme même le mieux choisi ne pourra lui rendre ce qu'elle nous donne, ce que l'on peut ressentir. Un titre à trois niveaux, qui glisse doucement en intensité,  plus dramatique,  avec des cordes qui se font plus graves. Comme je vous le disais pour sa précédente B.O. "Trois souvenirs de ma jeunesse", et pour les bandes son en général, il y toujours un titre qui ressort de l'ensemble, Avec cet album, je n'ai pas attendu très longtemps pour le découvrir. Dès la 3ème piste, je l'ai reçu de plein fouet et je ne peux dire à quel point il m'a presque bouleversé sans même avoir vu une seule image. C'est, entre autres, ce titre là qui nous aurait manqué si le compositeur avait décidé de ne pas mettre de musique sur ces images. 

Mais il n'est évidemment pas question de réduire cette magnifique B.O. seulement à ce titre. Dans cet album, il y a trois chants sacrés, interprétés par l'ensemble Diabolus Musica. L'un des trois chants, O Vera beatum, déjà très beau seul, trouve dans le titre suivant, Repons d'Elie une autre lecture, une autre approche qui intensifie encore plus cette émotion. Un morceau où se mêlent alors le chant "pur" avec la musique qui l'est tout autant, cette union parfaite nous fait atteindre encore une fois un niveau d'émotion presque merveilleux.

Il y a dans cet album les jolis sons des flûtes, du basson et du cor anglais, accompagnés par les cordes (Pour ne citer que ces instruments) qui donnent à l'ensemble de cette musique une douceur, une délicatesse, comme une caresse qui vient nous envelopper dans un cocon douillet et que l'on ne quitte qu'une fois l'ensemble achevé. Un ensemble tout à la fois beau, intense, puissant, empli d'émotions qui amène non pas de la tristesse mais plutôt comme un bien-être. Il est vrai qu'a l'instar d'Ennio Morricone pour "Mission" pour lequel, il ne voulait pas mettre de musique sur les images de Roland Joffé, et qui a pourtant fait une B.O de toute beauté, il aurait été vraiment dommage de ne pas profiter de ce nouveau score de  Grégoire Hetzel. Je vous parlais de ce troisième titre, en début d'article,  mais tout dans cette Bande Originale m'a plu. Que  ce soit les choeurs, les musiques, les chants accompagnés de musique, tout l'ensemble est d'une beauté qui laisse à penser que le compositeur a été plus qu'inspiré. Cette musique, ce disque, mérite tous les superlatifs, qui parlent de l'infiniment beau, l'infiniment grand, comme avec ce titre, Postlude à la béatitude, qui clôt si merveilleusement cette rencontre musicale divine.

Tracklist & Musiciens     
01. L'AMI (PRÉLUDE)
02. COLIN-MAILLARD
03. LE NOUVEAU-NÉ
04. GAUDENS IN DOMINO - CONDUIT
05. DOMINIQUE BLESSÉ
06. VERS LES ÉTOILES
07. MORT DE DOMINIQUE
08. SALVA STELLA (RUNDELLUS)
09. LE RENARD
10. O VERA BEATUM
11. RÉPONS D'ELIE
12. FRANÇOIS ET SES FRÈRES
13. POSTLUDE À LA BÉATITUDE     

Musique originale composée et orchestrée par Grégoire Hetzel
Interprétée par le Chamber Orchestra of London
Dirigée par Alastair King

Premier violon solo : Janice Graham
Violons : Warren Zielinski, John Mills, Anna Liisa Bezrodny, Steve Morris, Yuri Kalnits, Bea Lovejoy, Jan Schmolk,  Sarah Quinn, Gareth Griffiths, Calina De La Mare, Claire Sterling, Jeremy Isaac
Altos : Andrij Viytovych, Judith Busbridge, Alex Koustas, Malcolm Johnson, Rebecca Lpw
Violoncelles : Tim Hugh, Steffan Morris, Ben Chappell, Jessie Ann Richardson 
Contrebasses : Paul Kimber, Paul Sherman
Flûtes : Karen Jones, David Cuthbert, Chris Green, Clare Findlater

"L'ami, François d'assise et ses frères" de Grégoire Hetzel
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