Pierre Földes : Saules aveugles, femme endormie (2023)

Publié le par Patrick

Synopsis : Un chat perdu, une grenouille géante volubile et un tsunami aident un attaché commercial sans ambition, sa femme frustrée et un comptable schizophrène à sauver Tokyo d’un tremblement de terre et à redonner un sens à leurs vies.

Ce que j'aime, avec cette B.O. de Pierre Földes, aussi réalisateur de ce 1er long métrage d'animation, c'est qu'elle ne ressemble à aucune autre. Elle est originale, singulière, riche. Elle ne s'écoute pas comme un tout mais plutôt comme une succession de bonnes idées, de tableaux, de notes, où l'imagination prend le dessus sur la réalité de ce qu'elle musicalise. Je n'ai pas encore vu le film qui adapte 6 nouvelles de Haruki Murakami mais déjà je rentre dans cette ambiance à la fois dramatique, douce et entourée d'imaginaire fantastique où la réalité se transforme, où les choses, les personnages peuvent se mettre à voler, apparaitre, disparaitre sans que l'on comprenne comment, en se disant que c'est magique, merveilleux et plein de mystère. Ce n'est pas les qualités qui manquent à cette musique dont l'univers m'était encore inconnu il y a peu, mais dont j'aime les tournants, les axes, les chemins qu'elle emprunte pour raconter les choses, pour nous emmener dans un monde à part, nouveau pour moi. Je me perds dans les dédales de ces plages aussi accrocheuses que mystérieuses et  belles. Elle raconte quelque chose mais elle me parle encore et lorsque j'écoute tous ces titres aussi brillants les uns que les autres, j'aime me laisser porter par ce qu'il se passe lorsque les thèmes se succèdent pour offrir à tous ces titres une deuxième vie, une deuxième existence où encore une fois les limites seront seulement celles que nous mettrons sur le chemin pour y arriver. Je suis rentré une première fois dans cet univers par le Tunnel, de toute beauté et j'en ressortirai, à regret,  par le Resto, plein d'allégresse et, en son sein, je prends plaisir à me laisser happer, captiver par tous ces beaux moments musicaux comme I'm Never Coming Back, And How About Sex 2, Pregnant. Beaucoup de douceur dans laquelle je me glisse comme dans un cocon. Ce très joli Cd dure un peu plus d'une heure et même à la fin, j'en redemande. Je n'ai pas envie de quitter ce patchwork qui comprend des titres où la science-fiction rejaillit (Destiny, Flying Worm ), une marche rapide vers un ailleurs (I'm Going to die), un grand titre digne d'une aventure fantastique (Darkness was your enemy), Une ambiance étrange (A dead body), Un thème western surgi tel un mirage (Fort Apache) ou bien encore cette très belle adaptation d'un classique de Mozart (Mozart K8). Quelque soit la durée du titre, j'adhère immédiatement. Ce fut une très belle découverte que je vous engage à faire si vous ne connaissez pas encore l'univers de ce compositeur talentueux.

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